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Rencontres

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2014  

 

2013  
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Un choc à 300 mètres par Yves

 

Mission en sous-marin de poche. L'engin descend dans les ténèbres. Des nuages de plancton scintillent dans la clarté des projecteurs.
Des poissons lumineux passent, ainsi que des paquebots aux hublots clignotants.
Vers 300 m, un choc. Quelque chose à heurté le sous-marin.

Une forme gigantesque. Un requin de 5 m de long.
Il tourne autour de notre sous-marin. Il semble s'intéresser au submersible ...
Il semble en colère. Passe et repasse devant le hublot.

 



Un tête énorme, des rangées de dents crénelées. On peut compter ses fentes branchiales : six ... c'est un requin griset.
Une créature de mystère, qui vient de temps en temps marauder près des côtes. Ébloui par les phares, le requin percute encore une fois le sous-marin.
Il donne un grand coup de queue, arque son corps, ondule plusieurs fois et s'évanouit dans le noir de la mer.

Dans le mystère des ténèbres, il rappelle à quel point la lignée des poissons cartilagineux est ancienne. 

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L'invité surprise par Chris Fallows

 

C'était une journée mémorable. Quelques 5 grands requins blancs de 3 à 5 m de long, nageaient autour de moi,
par une visibilité de 15m. Une énorme femelle caressait le dessus de la cage avec son museau. Elle mordillait doucement
cet objet qui lui était inconnu, sans méchanceté apparente, cherchant à satisfaire sa curiosité.

Depuis une demi-heure, je sentais bouger la cage qu'un deuxième grand blanc secouait de l'autre côté. Soudain, les secousses
s'intensifièrent. Comme je me retournais, je vis la tête de la femelle de 3 m coincée dans la trappe d'observation.
Et ce qui devait arriver arriva : le squale ne pouvant pas reculer, se mit à paniquer. En donnant de grands coups de queue, elle
se propulsa entièrement dans la cage de 1,5 m où je me trouvais.

 



Il ne me restait plus qu'une chose à faire : essayer d'amener la tête du requin vers l'autre côté de la cage, puis inciter l'animal
à l'éventrer et à s'échapper par là. Je me glissai sous ses ouïes, soulevai sa tête jusqu'à la trappe opposée et l'introduisis

dans l'ouverture. Je crus avoir réussi mais brusquement sa tête glissa, nous renvoyant à la case départ. Je renouvelais
ma tentative. Cette fois, elle replongea sa queue dans l'eau, prit son élan et parvint à tordre les barreaux.

Elle s'engouffra dans la brèche et sortit de la cage, projetant flotteurs et morceaux de métal dans tous les sens.
Mais l'aventure n'était pas terminée : le requin se prit dans les cordes qui reliaient la cage au bateau et commença à tirer,
entraînant mon refuge de métal vers le bas. A ce moment-là, mes collègues restés sur le bateau eurent la présence d'esprit
de couper la corde. J'eus la chance que l'animal se dégage immédiatement.
 
La cage remonta lentement à la surface et mes amis me hissèrent sur le bateau. Une fois à bord, mes jambes tremblaient
et mon coeur battait à tout rompre, mais j'étais sur un petit nuage. J'avais vécu une expérience unique, et personne,
ni le requin ni moi, n'avait été blessé.
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2012
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Regard de requin bleu par Fred2

 

Les requins ont toujours fasciné l’homme. Parce que dangereux bien sûr, mais aussi parce que beaux et puissants. Les squales sont un peu les seigneurs des mers. Ils sont au sommet de la chaîne alimentaire et n’ont qu’un seul ennemi, l’homme. Il y a des requins dans tous les océans, et de 350 espèces différentes, dont seulement 25 sont considérées comme dangereuses pour l’homme. Contrairement aux croyances ancestrales, les plongeurs ne sont jamais immédiatement encerclés par des requins dès qu’ils sautent dans l’océan. En fait, les rencontres avec des requins sont assez rares. Mais elles laissent à chaque fois des souvenirs inoubliables. J’ai eu le privilège de "corps à corps" et de regards "dans les yeux" avec des requins bleus de Californie, en pleine eau, et je ne suis pas près de l’oublier.

 



Je suis parti avec l’expédition du commandant Greg Elliot, sur le Golden Doublon. Départ de Los Angeles. Au large de l’île de Catalina, nous commençons à appâter : nous jetons à la mer seaux après seaux de maquereaux finement broyés, de manière à créer une traînée odoriférante longue de plusieurs dizaines de kilomètres.
Les requins ont un odorat extrêmement développé : ils sentent des traces de sang à des miles à la ronde et remontent notre traînée jusqu’à sa source dans l’espoir d’un repas. Bientôt notre bateau est entouré de requins bleus, les plus communs dans cette partie du pacifique. Leur taille varie de 50cm à 4 mètres. Nous jetons à la mer notre cage, fabriquée par le commandant, en tubes d’aluminium de 3 cm d’épaisseur. Un système Hooka fournit l’air aux plongeurs qui sont dans la cage, leur permettant une plus grande aisance, car supprimant la bouteille dans le dos et le gilet de stabilisation. Nous accrochons des sacs de poissons autour de la cage, pour pouvoir contempler le spectacle grandiose des requins mordant à pleines dents. Nicole revêt mon uniforme de prisonnière, histoire de clamer notre humour gratuit, derrière les barreaux.

 



De la cage le spectacle est superbe : les requins bleus sont fascinants. Ils tournent, agiles et puissants, tous dans le même sens. Ils sont gris bleus et très aérodynamiques. Ils glissent vraiment dans l’eau, sans donner l’impression d’effort. Leurs nageoires pectorales sont très longues. Leurs nageoires caudales leur sont très caractéristiques : la partie haute est plus longue que la partie basse. Comme tous les poissons, les requins se déplacent dans le plan horizontal et leur queue est à la verticale. Les mammifères marins (exemple : baleines et dauphins), par contre, ont la queue dans le plan horizontal et bougent dans le plan vertical. Nos requins ont une démarche systématique : ils tournent tout d’abord autour de leur proie, puis l’effleurent de leurs peaux rugueuses, puis lors du dernier tour avant l’attaque, ils font quelques soubresauts épileptiques et foncent sur le poisson, fermant les yeux juste avant de mordre. On ne se lasse pas du spectacle.

Mais les requins ne sont pas les seuls attirés par nos maquereaux. Un lion de mer, frénétique et joueur, apparaît de l’immensité bleue mystérieuse qui nous entoure. A ma grande surprise, il fonce droit sur un gros requin bleu et lui mord la nageoire. Tous les requins disparaissent alors comme par magie. Le commandant Elliot a déjà fait l’expérience et connaît le remède. Il jette à l’eau un pétard, sa fameuse "bombe à phoques". La détonation fait fuir le phoque, mais ne gène pas les requins qui reviennent immédiatement mordre nos appâts. Les requins sont d’ailleurs attirés par les bruits violents, par exemple les poissons qui agonisent et se débattent à la surface, les nageurs…

 



Vient le moment tant attendu et pour lequel je suis venu : photographier les requins autour de la cage, de l’extérieur de la cage. J’endosse donc cette fois bouteille et jaquette. Mon assistant Michael fais de même. Nous allons faire cette plongée dos à dos, chacun protégeant l’arrière de l’autre. Nous prenons chacun un débordoir, une tige d’aluminium d’un mètre pour repousser les squales et sautons. Un bleu impressionnant nous engouffre. D’un coté le bateau et sa cage accrochée, de l’autre rien que du bleu, 700 mètres de profondeur, d’ou surgissent des requins qui nous semblent de plus en plus gros. Il y a du courant et c’est assez difficile de palmer dos à dos et de rester près du bateau.

Les requins bleus, dont quelques impressionnants de 4 mètres, se rapprochent de nous. Je dois me concentrer pour faire de belles photos de squales en premier plan avec la cage en arrière plan, tout en repoussant au débordoir ceux qui passent trop près et en surveillant les plus éloignés qui pourraient foncer sur moi. Le tout en nageant constamment vers le bateau et en essayant de ne pas perdre le dos de mon camarade. Inutile de dire que je vis intensément, très intensément. Et je suis content de faire de bonnes photos. Un gros requin passe très près.

 



Un petit poisson pilote rose est bien enfoncé dans ses ouïes. Je prends la photo. Le déclic surprends l’animal qui réagit avec un violent coup de queue que je prends en pleine tête, et qui me sépare de Michael, lequel est très occupé à frapper un petit requin très téméraire.

Le courant nous emporte et nous sépare un peu et les requins nous entourent. Je me sens tout à coup frappé légèrement dans le dos :
c’est mon gros requin au poisson pilote rose qui m’a bousculé une fois de plus.

Je vois son œil de très prés. Grand, froid et menaçant. Il a aussi la bouche ouverte. Il tourne et fait ses soubresauts caractéristiques. Heureusement Michael et moi réussissons à nous remettre dos à dos et nous nageons vers la cage, en repoussant les requins.

De loin on voit que la "fenêtre" est fermée. Il y a une grosse commotion à l’intérieur : un requin est rentré par le haut et se débat frénétiquement pour ressortir. Nicole le pousse à la main hors de la cage et nous ouvre juste à temps pour mettre des barreaux entre nous et notre ennemi au pilote rose. Je me souviendrais toujours du regard de ce requin bleu.

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2010
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J'ai caressé un requin blanc !  par Scholl M.

 

Un biologiste formé à l’UNIL, Michael Scholl, est devenu l’un des rares spécialistes du plus impressionnant des requins. Durant ses recherches, il lui arrive de poser sa main entre le nez et les dents d’un squale. Preuve que le grand blanc est moins monstrueux que sa légende ne le prétend.

Depuis 1975, les vacances à la plage n’ont plus tout à fait le même goût de soleil, de sable et de sel. Après avoir vu le film «Les dents de la mer» de Steven Spielberg, bon nombre de baigneurs sont désormais incapables de s’aventurer au large sans une vague arrière-pensée en forme de nageoire triangulaire. Bien sûr, cette peur du requin ne repose sur aucune statistique sérieuse. Reste qu’elle est là, et qu’elle est ravivée à chaque rediffusion de ce classique du cinéma.

Très loin de Hollywood et de son influence, un biologiste formé à l’UNIL, le Vaudois Michael Scholl, travaille à redonner une image plus positive de ces grands squales. Il est basé à Gansbaai, en Afrique du Sud. Cette petite ville, encore inconnue il y a une décennie, est devenue la Mecque du grand blanc. Parce que l’on peut y observer l’une des plus importantes concentrations de squales de cette espèce. Et parce que ces prédateurs nagent à quelques kilomètres du rivage, ce qui les rend faciles à observer.

Avides de frissons, des hordes de touristes y viennent pour plonger devant la bouche la plus célèbre du monde animal. Le grand requin blanc lui doit d’ailleurs son nom scientifique, car «Carcharodon carcharias» signifie «à la mâchoire déchiquetée».

Michael Scholl, qui a accompagné nombre de ces visiteurs venus plonger dans une cage et regarder la bête dans les yeux, veut croire que les touristes repartent de cette expérience rassurés?]: car le grand blanc est moins dangereux que sa réputation. Démonstration en cinq points.

 

 

Idée reçue 1: les requins sont des monstres sanguinaires

Ce cliché, nous le devons aux «Dents de la mer». Car, si les requins mangent des hommes depuis la nuit des temps, ils ne sont devenus des monstres que le 20 juin 1975, jour de la sortie américaine du film de Steven Spielberg. «C’est un film très bien fait, mais assez éloigné de la réalité», nuance aussitôt Michael Scholl. Pourtant, cet avis de spécialiste, même partagé par tous ses collègues, ne suffira pas à effacer les images traumatisantes d’un grand blanc approchant les plages, à la recherche de nourriture humaine. Bien sûr, on pourra rappeler que le risque d’être avalé par un carcharodon est infinitésimal, que les requins tuent bien moins d’humains que les abeilles ou les serpents, et ajouter que la plupart des victimes se sont mises toutes seules en danger, cela ne suffira pas à zapper les images des «Dents de la mer».

Pour rétablir la vérité, il faudra sans doute trouver et publier des images plus percutantes que celles de Steven Spielberg. Heureusement, elles existent. Elles nous viennent d’Afrique du Sud. Elles ont notamment été prises par Michael Scholl, et elles sont diffusées sur le site Internet* du chercheur vaudois. Ces photos nous montrent un contact surréaliste entre un humain nommé Michael Rutzen et un grand requin blanc de quatre mètres. On y voit une main se tendre au-dessus des flots au moment où arrive le plus hollywoodien des squales. Quand l’animal dévoile une rangée de dents impressionnante, le bras ne s’éloigne pas. Au contraire, il vient caresser le grand blanc entre le bout de son nez pointu et sa mâchoire coupante. Tout cela sous la surveillance désormais légendaire de cet œil rond et généralement décrit comme noir, «alors qu’il est en réalité d’un bleu azuré profond», corrige Michael Scholl, qui les a effectivement vus de près!

 

 

Tout aussi étonnant: les squales semblent apprécier ces caresses. Ils reviennent même en chercher d’autres. Et ils y semblent sensibles, eux qui se laissent ensuite flotter dans l’eau, comme s’ils avaient été drogués.

Sait-on ce qui produit cet effet? «Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer ce phénomène dans lequel le contact, exercé généralement sans aucune pression ou force, crée une réaction très impressionnante. Le requin arque sa tête en arrière, ouvre sa gueule dans toute sa grandeur et projette sa mâchoire vers l’extérieur, raconte Michael Scholl. Avec ses deux yeux localisés sur le côté de sa tête, le museau du requin blanc représente son principal angle mort. Pour le squale, un contact dans cette région peut potentiellement représenter un danger, et pour cette raison, je pense que ce comportement spectaculaire est un réflexe visant à protéger cet endroit sensible.»

Michael Scholl a bien sûr tenté l’expérience lui-même. «Peu après mon arrivée en Afrique du Sud, j’ai aussi joué avec ces requins, se souvient le scientifique. Mais cela fait plusieurs années que je ne les touche que pour essayer de les repousser des moteurs, pas pour jouer avec eux. Cette pratique est d’ailleurs interdite depuis 2004, pour éviter un accident éventuel chez les opérateurs touristiques.»

Au fait, comment cette pratique a-t-elle débuté? «Lorsque des hommes ont essayé de repousser certains requins trop curieux des moteurs hors-bord de leur bateau. Certains requins sont en effet attirés par les champs électromagnétiques créés par tout objet métallique ou vivant, explique Michael Scholl. Ce réflexe spectaculaire a évolué pour devenir une attraction touristique, ou, du moins, photographique. Et le requin est devenu un animal de cirque.» S’il ne pratique plus le toucher de grand blanc sans nécessité, le chercheur formé à l’UNIL comprend cependant la fascination provoquée par ce geste. «La proximité avec ce sourire, rendu également célèbre par le film d’animation «Nemo», représente bien sûr des moments inoubliables. C’est également le cas lorsque l’on interagit avec des requins que nous nommons «joueurs», du fait de leur personnalité qui permet un contact bien plus profond. C’est enfin le cas lorsque l’on plonge dans les yeux de ces immenses animaux quand ils vous observent hors de leur monde aquatique. Ce sont des moments merveilleux!»

Les photos de ces instants sont désormais diffusées sur Internet, et notamment sur le site de Michael Scholl. «Ces images nous montrent que certaines interactions sont possibles entre humains et requins, conclut le chercheur formé à l’UNIL. Michael Rutzen, André Hartman et Mark Marks sont les trois personnes au monde qui ont poussé ces limites encore plus loin, en plongeant sans cage en apnée avec le grand requin blanc. Ces rencontres ont donné des images uniques, qui montrent une certaine symbiose entre deux animaux généralement considérés comme archi-ennemis.»

 

 

Idée reçue 2 : les requins mangent tout ce qui passe à leur portée

Il suffit de visiter un aquarium où nagent des requins pour se persuader du contraire. Au Sea World Aquarium de Miami, par exemple, le repas des squales figure au programme des attractions. Mais le spectacle est bien décevant pour qui rêve d’assister à un épisode des «Dents de la mer».es requins (citrons) nagent nonchalamment dans un bassin où le personnel lance des poissons coupés en morceaux. Pour faire bonne mesure, l’employé vide consciencieusement le seau qui a recueilli le sang des victimes, sans réussir à détourner les squales de leur course nonchalante. Les Sud-Africains qui emmènent régulièrement des cargaisons de touristes dans les eaux théoriquement infestées de requins, racontent la même histoire. «Quand on est sur ces bateaux, on peut passer dix jours à lancer de la nourriture dans l’eau sans voir de grand blanc», se souvient Michael Scholl, qui a travaillé pour l’un de ces tour-opérateurs avant de lancer son projet scientifique (lire ci-contre). «Malgré le chum (mélange de thon émincé et d’huile de sardine) et l’appât de thon frais, il faut certaines fois beaucoup de temps pour attirer ces requins qui hésiteront longtemps avant de se lancer. En effet, si le grand requin blanc est un animal très curieux, il est encore sélectif et excessivement prudent, une stratégie et un comportement qui lui ont permis de survivre 400 millions d’années.»

 

En fait, les requins n’ont pas faim en permanence. «Ils ont un métabolisme généralement assez bas et un système digestif efficace. Une proie comme une femelle otarie à fourrure du Cap, pesant environ 80 kg, peut probablement nourrir un requin blanc pour plusieurs semaines, précise le biologiste. Mais cet animal est aussi un opportuniste. Si une autre proie facile se présente peu après son repas, le requin en profitera pour faire des réserves.»

 

Idée reçue 3 : le requin vit à la surface, puisqu’on voit son aileron

«Ce n’est pas si courant de voir un aileron à la surface, contrairement au mythe que le film «Les dents de la mer» a créé, corrige aussitôt Michael Scholl. Les grands blancs ne sont pas en permanence en surface.» Le requin Nicole, dont il a mesuré le périple, a ainsi nagé dans des eaux qui allaient de la surface à une profondeur de 950 mètres. Mais lors de sa grande traversée, dans les eaux profondes de l’océan Indien, «Nicole a passé 60% du temps très proche de la surface, à moins d’un mètre de profondeur. Là, sa nageoire ne perce probablement pas la surface, pour éviter des frictions inutiles et garder un aquadynamisme optimal.»

 

Le chercheur vaudois observe encore régulièrement en Afrique du Sud la tactique de chasse très inhabituelle des squales qui nagent dans son périmètre. Dans un premier temps, les grands blancs ne donnent aucun signe de leur présence, mais ils jaillissent soudain des profondeurs à pleine vitesse, harponnant au passage un phoque ou une otarie qui nageait en surface. Sur leur élan, les requins effectuent un grand saut hors de l’eau, sans que le moindre aileron n’ait troublé l’eau de la surface avant l’attaque foudroyante. Cette discrétion des squales en surface ne va pas sans compliquer le travail de Michael Scholl, car le biologiste suisse a développé un système d’identification des requins qui repose justement sur des photographies d’ailerons. «Ces ailerons présentent des marques qui changeront avec la vie du requin, comparables à un drapeau volant dans le vent», explique-t-il.

 

«Cette technique part de l’idée que chaque requin a un aileron différent des autres, exactement comme les empreintes digitales chez les hommes. Avant, on utilisait ce moyen d’identification pour les dauphins et les baleines. Je l’ai adapté pour les grands blancs. Comme cette technique est non invasive, elle est idéale pour observer des espèces protégées et discrètes telles que le grand blanc.» Grâce à ce système, Michael Scholl a déjà identifié plus de 1000 requins différents dans les eaux de Gansbaai. Mais, pour arriver à ce résultat, il a dû passer plus 1100 journées en mer, durant lesquelles il a effectué plus de 200’000 photos, dont 40’000 ont été sélectionnées pour le catalogue d’identification. Plus de 6000 observations ont été cataloguées par le chercheur depuis 1997, dont 75% avec des photos de l’aileron dorsal. Des statistiques qui montrent bien que le grand blanc ne se prélasse généralement pas en surface. Toutefois, avec un appât, il est possible de convaincre la plupart de ces requins de venir montrer leur nageoire.

 

 

Idée reçue 4: le requin mange volontiers de la chair humaine

C’est faux. Dans la plupart des cas, on le sait désormais, le requin blanc mord un être humain par erreur. S’il attaque un plongeur, un surfeur ou un baigneur, c’est notamment parce qu’il l’a confondu avec l’une de ses proies habituelles. C’est le cas des surfeurs qui se couchent sur leur planche et qui, vus du dessous, peuvent ressembler à une grosse otarie ou à un lion de mer dont les requins raffolent.

L’analyse approfondie des attaques de requins nous montre également qu’ils ne sont pas friands de chair humaine. Ainsi, la très grande majorité des attaques de grands blancs sur des humains n’est pas mortelle. Sur 88 cas recensés et analysés par l’International Shark Attack File, 66 des victimes ont survécu à la morsure. Ce qui n’aurait pas été le cas si le grand requin blanc avait placé ces proies à son menu.

 

«Il faut aussi réaliser que nous, les humains, n’avons vraiment commencé à utiliser les plages pour nous y baigner que depuis une centaine d’années, que les surfeurs ne sont apparus que depuis une trentaine d’années, observe Michael Scholl. Le grand requin blanc, lui, chasse depuis des millions d’années. Comme il présente une espérance de vie de 30 à 70 ans, il n’a pas pu adapter sa stratégie de chasse et découvrir que ces objets flottants en surface, qui ressemblent vaguement à une otarie, pourraient être autre chose, par exemple un humain qui n’est, semble-t-il, pas appétissant, parce qu’il ne présente pas les 20 à 40% de matière grasse recherchée par le squale sur ses proies habituelles...». Par ailleurs, il est possible que le requin goûte. «Comme ils ne disposent pas d’un membre proactile qui leur permettrait de tester un objet inconnu, ils utilisent leurs mâchoires pour vérifier si un objet qui a attiré leur attention est bien une proie potentielle.» Et comme le requin est curieux, cela peut expliquer certaines attaques.

 

Idée reçue 5: les requins vivent surtout en Australie, en Afrique du Sud et en Floride

C’est en effet dans ces trois régions que l’on recense le plus grand nombre d’attaques de requins, mais on en a également enregistré aux quatre coins de la planète. La preuve qu’ils nagent à peu près partout, y compris en Méditerranée.

Cette omniprésence des squales pose d’ailleurs des problèmes dès que l’on tente de protéger ces poissons. Victimes de la pêche industrielle, des amateurs asiatiques de soupe aux ailerons de requin, des «sportifs» qui recherchent des trophées, et même des filets qui ont été installés pour protéger les baigneurs dans des pays comme l’Afrique du Sud, les populations de requins diminuent. Désormais menacés de disparition, les grands requins blancs sont protégés en Afrique du Sud, en Namibie, aux Etats-Unis, dans le sud de l’Australie, et à Malte. Mais cela ne suffira peut-être pas. «Nicole a montré que les grands requins blancs voyagent largement au-delà des zones où ils sont protégés, ce qui les rend vulnérables», observe le chercheur vaudois.

 

En octobre 2004, une victoire au niveau international a été obtenue, lorsque le grand requin blanc a rejoint le requin-pèlerin et le requin-baleine sur l’appendice II de la Cites. Cette percée représente en ce moment la meilleure protection internationale pour ces requins, même si la Cites ne protège pas cet animal, mais se borne à limiter le trafic des produits qui en sont tirés. Voilà qui devrait achever de nous convaincre que, à chaque fois qu’un grand requin blanc rencontre un être humain, c’est le squale qui devrait être le plus inquiet.

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2007
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Que faire si vous êtes face à face avec un grand blanc ? par André Hartmann

 

Ce grand spécialiste des grands blancs a l'habitude de plonger en leurs compagnies en Afrique du Sud.Il est probablement la personne qui les connaît le mieux au monde. " Dans la plupart des cas le requin blanc va rester à l'écart, à la limite de la visibilité. Ils n'aiment pas trop les bulles du scaphandre, et ils ne vont donc probablement pas trop s'approcher. Et si le requin se montre curieux ? Le plus important est de regarder le requin et de lui faire face ! S'il s'approche trop, poussez n'importe quel objet dur contre lui. Cela peut être une torche, un couteau, n'importe quoi pourvu que cela soit dur. Si vous utilisez un couteau, n'essayez pas de lutter avec le requin ou de le poignarder. Il suffit de le presser contre sa peau, de façon qu'il sente que l'objet est dur.

Essayez de rester aussi calme que possible, et n'essayez surtout pas de vous éloigner en nageant à pleine vitesse, le requin peut aisément vous rattraper s'il en a envie. Il vaut mieux lui faire face, de manière à ce qu'il sache que vous le surveillez.. Le principal est de ne pas présenter le comportement que le requin attend d'une proie normale, à savoir la fuite, l'agitation et la panique, qui risquent fort de déclencher un comportement agressif.
Evitez aussi de rester en surface si un grand blanc est dans les parages, et montez sur le bateau aussitôt que possible. Je ne peux  pas affirmer que ces conseils sont les meilleurs mais pour moi, ça a marché ! ".

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2006
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Cottes de mailles par M. Snyderman

 

L'avantage théorique de la cotte de mailles est de me permettre de me concentrer davantage sur mon travail de cinéaste, sans devoir être systématiquement accompagné d'un plongeur préposé à ma sécurité. En effet, plus il y a de plongeurs sous l'eau et plus il est difficile de filmer les comportements naturels des requins. Bien sûr, même après avoir assisté aux tests sur la cotte de mailles, c'est toujours une autre paire de manches que d'y aller soi-même en proposant son propre corps comme appât. Il faut placer un poisson sur son bras et inviter le requin à venir l'y chercher. Autre situation, autres émotions.


J'ai été mordu par des requins bleus, un nombre incalculable de fois - au niveau des bras, des jambes, du torse et même de la tête. Les moments les plus étranges ont été ceux où je sentais la pression d'une morsure sur mon corps tandis que je continuais de filmer. Je sais bien que cette fameuse cotte de mailles n'est pas la panacée universelle dans le monde des requins. Malgré cette protection, si je devais être attrapé par un grand requin blanc, même de petite envergure,  je suis persuadé que je n'en sortirais que dans un triste état. Mais en ce qui concerne les requins bleus et autres espèces de taille moyenne, cette invention a toutema confiance.
Je sais qu'elle fonctionne, je l'ai testée ... avec ma chair et mon sang !

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2005
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Rodney Fox nous raconte par Rodney

 

En 1963, le champion de pêche sous-marine Rodney Fox reçut, en Australie lors d'un concours, des blessures qui nécessitèrent 462 points de suture.

La compétition avait débuté depuis environ 4 heures et Rodney plongeait en apnée à environ 1 000 m au large de la côte. Il s'approcha pour porter le coup fatal à un  gros poisson quand soudain : " Brusquement, je reçois de plein fouet un coup violent dans la poitrine, je perds mon fusil et mon masque, et me retrouve filant à toute allure. Je comprends vite qu'il doit s'agir d'un requin et qu'il me tient comme un os dans la gueule d'un chien ; alors je me mets à  lui cogner sur la tête, cherchant les yeux, seuls points vulnérables. Il recule soudain. Pour parer le coup, je lance violemment la main en avant, et le voici qui disparaît, happée par ses dents. Je suis en apnée et je commence à étouffer. Je me propulse alors de toutes mes forces vers la surface.  Je prends 2 ou 3 grandes goulées d'air, puis je regarde vers le bas. "

 

   


" Ce que j'ai vu à ce moment-là, jamais je ne l'oublierai. Le cauchemar ... celui qui nous hante tous. Juste au-dessous , l'eau était rouge de sang et une énorme gueule arrivait droit sur moi, grande ouverte, pour me dévorer. Le comble de l'horreur. Je décoche un coup de pied aussi fort que possible, il s'esquive et commence à me tourner autour. Au lieu de me mordre, il engloutit un flotteur en nylon que je tire derrière moi, auquel est accroché un poisson. Il continue à tourner et arrive à la fin de la corde de nylon qui relie le flotteur à ma ceinture et me hâle soudain vers le fond. Le requin va de plus en plus vite, m'entraînant dans une valse démente. 
Je tente de défaire ma ceinture pour me délivrer, mais la boucle de sécurité a glissé et se trouve derrière mon dos, hors de portée. Je suffoque ... C'est la fin, je vais mourir noyé ou blessé à mort. "

 

" Soudain, la corde de nylon se rompt net. Le requin, en me mordant la première fois, l'a sans doute à demi sectionnée. Elle a cédé sous l'effet de la pression, et me voilà libre. Je regagne la surface comme je peux et je mets à hurler de toutes mes forces 'un requin ! un requin ! ... "

 

Une fois rétabli, Rodney Fox se lança dans l'étude du comportement du requin blanc ...

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2004
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La plus belle des surprises par Fred

 

La plongée en Égypte est toujours quelque chose d'extraordinaire mais lorsque vous faites la plus belle des rencontres, cela devient inoubliable !

C'était un jour de safari, où l'on avait fait 1 heure de jeep dans le désert, suivi d'1h30 de chameau pour aller plonger dans un coin inaccessible autrement. Après une telle épopée, sous le soleil de plomb, seul la mise à l'eau permet d'oublier la fatigue du voyage.
Une fois sur place, nous avons fait vite pour nous équiper et nous mettre à l'eau dans ce magnifique aquarium qu'est le golfe d'Agaba.

 



La plongée fut très jolie, remplie de poissons colorées. Et lorsque le moniteur vous signale la fin de la plongée, vous avez à l'esprit le mot habituel pour de telles plongées 'déjà' . Nous nous dirigions donc vers le rivage afin de mettre fin à notre plongée. Étant chargé de la sécurité, je me trouvais le dernier d'une groupe de quatre plongeurs dont deux caméramans.

Approchant du rivage, le moniteur se retourna afin de nous signaler la fin de la plongée, lorsque à ma grande surprise, il commença à s'agiter étrangement avec ces bras. Après quelques secondes, je me suis retourné afin de faire le point sur ce qui pouvait le rendre aussi excité.
Et quel fut ma surprise ! En me retournant, je me retrouvais nez à nez avec un magnifique requin baleine qui venait voir ce qu'il se passait en surface. Ce jeune de 6 m de long était de toute beauté. C'est le genre de moment où vous oubliez même de respirer tellement la surprise est totale.

Alors que ce majestueux géant des mers passe près de vous, une seule idée vous vient à l'esprit ; ' suis-je en train de rêver ? '.
Très vite, vous vous rendez compte que ce n'est pas le cas et que le géant vire déjà et commence sa descente vers les grands fonds.
A ce moment-là, vous tentez de le suivre quelques mètres afin de prolonger cet instant de bonheur.

Mais très vite le grand requin laisse place à un immense vide. Heureusement pour nous tous, les deux caméramans ont fixé sur la pellicule, cet événement qui vous marque pour la vie ... depuis le 18 mai 2004 ...

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